Qu'est ce que l'odeur ?

Depuis quelques temps, je n’avais pas pris le TGV. En y entrant, j’ai retrouvé son odeur particulière. Elle me fit voyager dans ma mémoire olfactive. Je retrouvais les odeurs du tortillard qui allait de saint Etienne au Puy en Velay, celles des wagons « fumeur », celles du Toulouse-Paris avec ses toilettes bouchées, et les odeurs si particulières de la gare de Lyon …

Beaucoup de gens, amis, décideurs locaux, responsables industriels, riverains m’interrogent en tant que spécialiste des études des odeurs. Qu’est-ce qu’une odeur ? D’où viennent les odeurs ? Comment notre cerveau les apprend-il ? Peut-on les mesurer ? Comment les définit-on ? Percevons-nous tous les odeurs de la même façon? Pourquoi une odeur agréable peut-elle quand même devenir une nuisance ? Qu’est-ce qu’une nuisance ? Les odeurs sont-elles toxiques ? Sont-elles indicatrices d’insalubrité ? etc.

Ces questions sont naturelles. Nous respirons l’air qui  véhicule de nombreuses molécules volatiles et odorantes. Ainsi nous sommes en permanence dans un fluide évanescent où les odeurs se juxtaposent, se combinent, se mêlent, apparaissent, disparaissent. Notre nez est le lieu où les molécules odorantes entrent en contact avec la muqueuse olfactive. Cette interaction provoque un signal nerveux que notre cerveau analyse en permanence.  La stimulation devient une sensation olfactive appelée « odeur » s’il y a une adéquation forte -ou une inadéquation-  entre la situation dans laquelle la personne se trouve et les odorants qu’elle détecte. Ainsi, une odeur devient une alerte si elle est en inadéquation avec l’attendu et provoque un comportement de répulsion (odeur d’ail dans son café, odeurs d’usine à la campagne)  voir de fuite (odeur de gaz dans sa cuisine). A l’inverse, une odeur est acceptable, ou agréable si elle correspond à celle attendue, voire souhaitée, (odeur des croissants au petit déjeuner, odeurs agricoles à la campagne).

Dans l’environnement, la perception des odeurs varie en fonction de nombreux autres facteurs tels que les fluctuations quantitatives et qualitatives des rejets industriels, les modifications permanentes des conditions de vent. De plus, en fonction des saisons, les comportements des riverains modifient leurs risques d’expositions aux odeurs incongrues entraînant un mécontentement compréhensible. Par exemple à la belle saison,  les habitants ouvrent d’avantage leurs fenêtres, font d’avantage d’activités de plein-air, de repas sur les terrasses, etc.

Dans nos futures chroniques, nous vous emmènerons dans le voyage merveilleux du monde des odeurs…